Radulovic, Compte-rendus divers

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Radulovic, Compte-rendus divers

Message  NemanjaFan le Mar 27 Avr - 10:43

Dimanche 31 Août 2008, 21h
La Côte-Saint-André, Cour du Château Louis XI

Chostakovitch, Extraits de la musique du film « The Gadfly »
Tchaïkovski, Concerto pour violon en ré majeur
Dvorak, Symphonie n° 9 en mi mineur « Du nouveau monde »

Orchestre National de Lyon
Nemanja Radulovic, violon
Anu Tali, direction



Un jeune violoniste prodige, une chef d’orchestre atypique, un orchestre de haute qualité, une « cour de concert » à l’acoustique exceptionnel, un festival renommé à l’organisation exemplaire, tout concourait à nous faire passer la meilleure des soirées.

Et bien, la surprise fut de taille, mais pas dans le sens habituel. Dès les premiers accords truculents et humoristiques de « The Gadfly », musique de film de Chostakovitch, le silence naturel de l’assistance s’est changé en un silence apaisant, concentré sur ce monde virtuel qui devint réalité. L’Orchestre National de Lyon, par ailleurs excellent, métamorphosé, a franchi un cran en se hissant tout au sommet dans la cour des plus grands : sonorités envoûtantes, liens sans failles dans les accents et les nuances les plus extrêmes, précision étonnante dans les attaques où les vents firent merveille, cuivres grandioses dans la puissance et l’expression, comme jamais ce fut le cas auparavant. Et ceci, parce qu’à leur tête, un tout petit bout de femme d’une implacable sûreté sans gestes particuliers, sobre, avec ou sans baguette, modelant de son geste ou de ses mains le son et l’intensité à sa convenance, su, je ne sais par quelle magie, envoûter un orchestre particulièrement attentif pour lui donner ses plus sublimes sonorités. Jamais une défaillance, tout dans la confiance, Anu Tali a dirigé dans la magnificence ses musiciens médusés.

Et puis, un tout jeune homme de 23 ans, aux longs (très) cheveux noirs bouclés, grand (très) habillé tout de noir, est arrivé avec son violon et son sourire sincère et profond. Il a salué et puis il a joué. Que dire ? Quels mots pour traduire ma pensée ? Ce que nous avons entendu dépasse toute imagination. Nemanja Radulovic, dans la plus intense subtilité, corps sans cesse en mouvement, dialoguant par le regard et le geste, tour à tour et simultanément, avec les musiciens et leur chef, à jouer sublimement. Il est non seulement le violoniste le plus doué que je connaisse, mais aussi un musicien exceptionnel puisant ses forces dans la musique qu’il interprète avec une conviction inégalée. Il est « la » musique incarnée. Son talent, sa passion et sa détermination ont été accompagnés avec perfection dans un dialogue concerté avec Anu Tali et son orchestre. Nemanja Radulovic, un violoniste à écouter et à voir absolument.

Pour terminer, Anu Tali s’est appropriée, avec un fantastique talent, la célèbre « Symphonie du Nouveau Monde » de Dvorak. Elle l’a modelée, lui a donné un ton incisif et velouté dans le lien permanent des sonorités et des nuances contrastées, faisant sonner l’orchestre dans la clarté et dans l’intelligence, qualités rares qui font de cette chef(e), plutôt méconnue, une des plus grandes personnalités actuelles de la direction d’orchestre.

Le Festival Berlioz 2008 n’a pas failli à sa réputation. Comme à son habitude, il nous a offert un long moment de bonheur intense, mais je crois tout de même, que, hier soir, c’était encore plus fort.

Hervé Gallien, 1er septembre 2008

http://cahiersmusiqueclassique.blog.ca/2008/09/01/festival-berlioz-nemanja-radulovic-violon-anu-tali-direction-et-l-orchestre-national-de-lyon-la-musique-agrave-l-etat-pur-pour-une-soiree-envo-uc-4665702/
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