Nemanja RADULOVIC, d’une Saison à l’autre.

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Nemanja RADULOVIC, d’une Saison à l’autre.

Message  NemanjaFan le Mer 11 Aoû - 21:18

Radulovic, d’une Saison à l’autre.

A l’heure de la rédaction de ces lignes, Radulovic sera à quelques mesures de la fin de sa saison musicale. Dans quelques jours, il prendra enfin, on peut l’espérer, quelques jours pour se ressourcer. Une nouvelle saison s’achève, intense, hyper kinétique, aurait-on envie d’écrire. Une année d’échéances, de défis, de rencontres musicales et humaines, celles qu’affectionnent le violoniste.

Radulovic aura donné cette saison, 63 Concerts (en dehors des émissions radio, internet, les masters-classes, entretiens, etc.).

Géographiquement, l’envol s’est poursuivi avec une belle régularité : l’Espagne avec qui il entretient des contacts réguliers, cette année en Galice et à Barcelone pour son Mendelssohn (bicentenaire de la naissance du compositeur oblige), la Pologne pour son Concerto préféré, le Beethoven, un retour affectif en Serbie à Belgrade lors de la promotion des Trilles du Diable, en Ukraine à Kiev, un nouveau déplacement en Asie à Hong Kong et la France bien-sûr, en ses moindres recoins Paris bien sûr pour quelques rendez-vous mais aussi, Lyon, Marseille, Bordeaux, La Rochelle, Avignon, Nancy, etc., surtout en cette période estivale où archet en guise de bâton de pèlerin, il a rencontré le public entre petites manifestations et Festivals de plus grande renommée. A ce sujet, Il sera difficile de ne pas avoir une pensée pour ce qui restera vraisemblablement comme sa dernière participation aux Flâneries Musicales de Reims jusqu’à nouvel ordre.
Suite à la pitoyable gestion politique de la ville de Reims, les deux directeurs artistiques des Flâneries Jazz et Classique, ne seront pas reconduits dans leur fonction. Au-delà d’avoir pendant près de 20 ans, là où il y avait un désert, amené une manifestation à un niveau d’excellence et de reconnaissance publique, Hervé Corre eut l’immense mérite de faire découvrir quelques jeunes personnalités dont Radulovic immédiatement adopté en véritable coqueluche par le public rémois. Radulovic doit énormément aux Flâneries tant pour la qualité des rendez-vous, la diversité des géométries musicales ou encore la publication de ses premiers enregistrements. Il est plus que probable que Radulovic ne figurera pas à l’affiche des prochaines Flâneries. Dommage pour Reims tandis que d’autres manifestations ne manqueront pas de remplir cet espace libéré. Pour Nemanja qui ne manquait jamais de souligner son attachement à l’équipe et au public de Reims, une page se tourne sans nul doute.

Du côté répertoires, il aura rencontré quelques-uns des plus grands Concerti, dans leur faveur auprès du public ou leurs exigences techniques et interprétatives. Le ou plutôt son Concerto de Mendelssohn (sept exécutions dans l’actualité du Bicentenaire du compositeur), sans doute, une des œuvres qu’il maîtrise le plus techniquement et où il peut laisser pleinement s’exprimer son lyrisme narratif comme en témoigne une belle captation officielle, le monument qu’est le Concerto de Beethoven pour parait-il, son Concerto préféré, l’œuvre avec laquelle il opéra un break important à Paris en 2006 en remplaçant Vengerov indisposé, au pied levé. Un Concerto de Beethoven dont il sera passionnant de suivre l’évolution en cours dans les saisons à venir, une œuvre qui sans nul doute accompagnera Radulovic vers sa maturité artistique, on l’espère, encadré par des phalanges de plus en plus prestigieuses. L’impossible Concerto de Paganini qui aurait sans doute mérité un autre encadrement. D’importants bonheurs mélodiques avec le Concerto de Saint-Saëns et le mythique Tchaïkovski. Enfin, un des moments de grâce avec l’ambitieux Concerto de Chostakovitch en la superbe salle de l’Arsenal de Metz. On se souviendra également de la création du Concerto pour Violon et Orchestre d’Esteban Benzecry, dont Nemanja est le dédicataire pour un mémorable concert à Pleyel. On retiendra encore l’étourdissante faculté de Radulovic s’approprier en l’espace de quelques jours, des répertoires variés, jonglant avec géométries musicales, styles, époques et compositeurs au fil de ses rencontres.

Ses rencontres qu’il nourrit comme un besoin viscéral d’aller vers l’autre. Son ou ses partenaires scéniques avec qui il échange afin de mieux offrir au public sa narration du moment. Si nous ne sommes pas encore pleinement convaincus de l’alchimie avec Anne Gastinel (pourtant immense musicienne mais sans doute un rien trop cérébral dans son rapport à l’œuvre), cette Saison vit encore avec un immense bonheur les complices de toujours. Marielle Nordmann pour ainsi dire en famille, à plus d’une reprise, notamment à Paris, dans le souvenir du superbe écrin fleuri d’une fin de septembre aux allures d’un été se refusant à mourir. Laure Favre Kahn pour l’évidente connivence de deux jeunes artistes résolument modernes (superbe programme de « Danses » notamment), les évidences professionnelles d’une Susan Manoff ou d’un Dominique Plancade, deux immenses chambristes rendant toutes leurs lettres de noblesse au piano d’accompagnement (que de beautés dans l’univers des Sonates de Mozart, Schumann, Franck et d’époustouflants Schubert où Nemanja nous a réservé ses débuts en tant qu’Altiste. On retiendra également la rencontre complètement psychédélique entre la chanteuse Zaza Fournier et Nemanja qui finira bien par nous l’offrir un jour son concert Rock.

En parlant Rock’n Roll, comment ne pas évoquer la réussite discographique qu’est l’album des Trilles du Diable ? Evènement à plus d’un titre, puisque Decca Universal décide de s’engager auprès du violoniste de 24 ans, en prenant en main la diffusion de ce disque originellement enregistré pour le label Transart Live. Cet album va se révéler un véritable succès tant au niveau des ventes que de l’accueil du public ou de la presse dite spécialisée. Radulovic a consacré beaucoup d’énergie avec ses complices à la promotion d’un disque résolument vivant et enthousiaste, d’un parfait équilibre en son programme accessible sans tomber dans une facilité immédiatement gratifiante. Les Diables sortiront régulièrement de leur boîte lors de onze concerts où ils mettront les salles à feu et à sang pour le plus bruyant bonheur d’un public aux réactions elles aussi très … Rock’n Roll !

Une Saison où Radulovic aura conquis de nouveaux publics différents, dans des lieux différents comme la Salle de l’Européen où l’on joua les prolongations. Si l’unanimité populaire est incontestable grâce notamment au charisme si particulier du violoniste, une certaine reconnaissance médiatique se fait encore attendre dans le chef de certains médias dits spécialisés. Méfiance ? Attentisme envers un artiste résolument différent ? Un artiste inclassable, revendiquant, bien plus qu’un look, le droit de poser sa griffe si particulière sur tout ce qu’il approche musicalement. Bien entendu, Radulovic va encore mûrir techniquement, bien entendu, il va sans doute évoluer musicalement vers une épure visant l’expressivité dans sa plus simple et émouvante expression. Il y a aussi cette énergie torrentielle, débordante qui lui fait parfois oublier certaines limites dont une résistance physique qu’il met régulièrement à rude épreuve. Cette énergie aussi, en situation va se canaliser plus sagement dans l’avenir, sans pour autant remettre en question sa générosité. Radulovic avec sa griffe, ce son si personnel, si tellurique et humain dans son chant, marque tout ce qu’il interprète de sa marque de fabrique : le son de Radulovic est immédiatement reconnaissable comme celui des meilleurs interprètes lyriques. Il se réapproprie, il dépoussière, vous raconte avec une évidence déconcertante des œuvres que vous pensiez connaître par cœur et dont vous étiez même lassés. Radulovic ne laisse pas indifférent et pousse aux réactions exacerbées. Son public grandit régulièrement et se fidélise de plus en plus. Radulovic sera également tôt ou tard, victime d’envies, de jalousies ou d'injustices, il devra gérer ce genre de réaction, avec une personnalité si forte, cela est inévitable. On peut supposer que si on le questionne sur le sujet, il répondra fermement avec la douceur de sa voix chantante que comme sur tous les sujets matériels ou polémiques, il n’a pas grand-chose à répondre ou plutôt qu’il préfère se concentrer sur sa Musique ou comment toucher davantage le public qui se déplace pour venir l’écouter.

En attendant la mise en ligne officielle de sa prochaine saison, on pourra déjà observer quelques-uns des rendez-vous d’importance pour sa saison 2010-2011.

Côté concerts, on retiendra des déplacements européens, L’Italie, Turin avec Paganini qui sera régulièrement à l’affiche, Londres avec Tchaïkovski, l’Allemagne avec un intéressant Concerto de Karlowicz, mais aussi, l’Espagne avec Valences et Bruxelles pour le Tchaïkovski. Une saison résolument parisienne également quelques rendez-vous de différentes importances. On notera le Concerto de Barber à Pleyel. Enfin, on attend un nouvel opus discographique pour le 1er octobre en France à nouveau diffusé et soutenu par Decca Universal ainsi qu’une participation au double album anniversaireTransart à l’automne, reprenant le Concertino Double Sens du jeune compositeur Serbe, Aleksandar Sedlar.
Donnons-nous rendez-vous dans un an, pour à nouveau jeter un coup d’œil en arrière et partager nos souvenirs.

En attendant la prochaine opportunité d’écouter Radulovic, souhaitons-lui simplement : « Bons vents, l’Artiste et merci ! ».

LG.


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